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Entrée en matière

Tous les voyageurs que nous suivons et qui, comme nous, exportent leur véhicule, disent que trouver un bateau est une véritable galère....De plus, les formalités de toute nature semblent compliquées et les tarifs élevés. Mais, bon, on ne va pas s'angoisser à l'avance....

Pour ce type de transport, il existe trois solutions.

  1. Le Roll on Roll off (Ro-Ro ou Roulier) qui est un bateau du type ferry dansvitoria_1 lequel nous garons nous-mêmes notre camping-car, nous le fermons et gardons les clefs. Le problème de certains voyageurs avec cette solution, c'est que leur véhicule a été visité pendant les escales par le personnel des ports qui montent à bord. Nous avons donc fait faire une grille de séparation entre la cabine et la cellule et avons rajouté un serrure à la porte de la cellule. Cela dit c'est la solution la plus facile et une des plus sûres pour le véhicule.

  2. Le container, la meilleure solution, seulement nous ne pourrons pas l'utiliser car Jules est trop large et trop haut.

  3. Le flat-rack, sorte de plateau sur lequel le véhicule est installé et « ficelé » pour être ensuite déposé sur les containers à l'aide d'une grue. Ce type de transport semble plus onéreux et moins courant que les deux autres et n'est pas sans présenter de risques pour le véhicule.

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Le Havre-Buenos-Aires


Pour cette première traversée, les choses se passent plutôt bien. Catalina Da Silva (*), se met en quatre pour nous faciliter la tâche albatros_3et se charge de bon nombre de démarches. Seul bémol avec la compagnie, le bateau que nous devions prendre le 8 décembre a dû partir en calle sèche, nous a-t-on dit... Du coup, une fois encore, nous sommes retardés pour commercer ce voyage. Ensuite, nous avons eu plusieurs dates de départ : le 5 janvier, puis le 4 janvier, le 7 janvier et pour finir nous embarquons le matin du 11 Janvier vers 9 H 00 et levons l'ancre vers 23 H 00. Autre désaventage de ce départ reporté de Décembre à Janvier, initialement, nous avions une cabine extérieure avec deux lits bas et maintenant nous avons une cabine, toujours extérieure, mais avec deux lits superposés, on fera avec et nous ne sommes pas obligés d'utiliser les deux ! Ce changement nous fera gagner 800 euros sur le prix de la traversée, ceci compense cela. Le prix de notre traversée s'élève à 1 450 euros par personne et 1 300 euros pour le camping-car.

repub._argentina_1Les cargos qui font ces traversées sont vraiment énormes et ont un look un peu lourdaud, mais cela leur va bien ! Celui que nous prenons s'apelle le « Répubblica Argentina ». Il a été construit en 1998. Il mesure 206 m de long et on peut y loger 2 800 voitures et tellement d'autres énormes engins et containers. Il y a 6 cabines à bord, réservées pour les touristes. Pendant la traversée nous ne serons pas traités comme des touristes mais plutôt comme des membres d'équipage, sans toutefois avoir de tâches à faire; Nous prendrons nos repas avec les membres d'équipage. Nous aurons à notre disposition un salon, une salle de gymnastique et une laverie. 

La route du bateau : Tilbury, Hambourg, Anvers, Tilbury, Le Havre, Bilbao, Casablanca, Dakar, Banjul, Freetown, Vitoria, Rio de Janeiro, Santos, Zarate Buenos-Aires et Montevideo.


repub. argentina jules
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Après avoir installé Jules confortablement, un membre d'équipage nous conduit à notre cabine (11 m²). Nous ne sommes pas déçus elle est suffisamment confortable et bien équipée en rangements.



Et maintenant le « film » commence, son titre : « Oh! Mon RO-RO Oh! Oh! »...


Au fil de la matinée nous découvrons tous les acteurs du film qui seront donc nos compagnons de voyage. Bien sûr, le rôle de vedettes nous est réservé. Les seconds rôles sont tenus par :


  • Barry, un fringuant jeune homme de 62 ans, hollandais, equateur_barryIl a embarqué à Hambourg, avec sa grosse moto. Son voyage le conduira de Buenos Aires au Brésil pour plusieurs semaines. Il Voyage pour son plaisir et pour ses affaires. Il est gai, drôle et de plus il chante très bien, il ne lui manque que la guitare. Quant à sa garde robe, elle vaut son pesant de cacahuètes... ! Par ailleurs, il a très bon goût en matière de musique et son IPOD nous inonde à longueur de soirée avec des musiques de toutes latitudes. Une autre corde à son arc : il fait des miracles avec son ordinateur et son appareil photo et nous sommes plusieurs à en avoir profité. Il nous a fait des cartes de visite en couleur avec notre photo dessus. Bonne route à vous Barry !

  • Bruno, un jeune français de 33 ans originaire de Corée du Sud. Il part pour un long périple en Amérique Latine. Il voyagera à pied, en stop et/ou en bus. equateur_brunoOn espère bien le retrouver sur les routes et lui faire faire un bout de chemin. Son moteur est la philosophie. L'écouter et discuter avec lui est très intéressant. Sa compagnie est des plus agréable. Mais comme à tout bon philosophe, il lui faut beaucoup de temps pour penser et donc il ne lui reste que très peu de temps pour travailler, si ce n'est juste assez pour ce faire de quoi s'assumer et payer ses voyages. Bruno a une chevelure à rendre jalouses bien des filles ! Bon vent à toi B runo !

  • Leo et Ingrind, un sympathique couple allemand, retraité. Ils ont deux enfants et trois petits-enfants. Ils voyagent également avec leur camping-car. C'est un fourgon VW sur lequel Léo a monté une cellule qu'il a faite lui-même. Ils ont vendu leur maison, et tout ce qu'il y avait dedans, et vont en Amérique du Sud pour s'installer. Ils ne savent pas où encore, mais leurs pays de prédilection sont l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay. Dans ces trois pays il y a une communauté allemande plus ou moins importante. Nous nous reverrons sur les routes d'Argentine On vous souhaite de trouver la maison de vos rêves, amigos !

daniel et valrie

  • Mikhael, américain, la quarantaine, beau garçon athlétique (miam-miam); il est chimiste. Mikhael est le plus courageux de nous tous. Il a quitté les USA il y a deux ans pour faire un périple autour du monde à bicyclette. Il nous a rejoint sur le bateau à Bilbao avec 45 000 Km au compteur, ou plutot dans les mollets. Ces deux années l'ont conduit vers les pays du Gondwana que sont l'Australie, l'Asie du Sud Est, le Népal, le Tibet, le Bhoustan, l'Inde, l'Afrique (où il a gravi le Kilimandjaro), Madagascar, puis ses routes maritimes fantaisistes l'ont ramené vers les Canaries, puis enfin Bilbao pour se diriger vers l'Amérique du Sud et boucler sa boucle. Mikhael a aussi la passion de la photo et nous avons pu apprécier son talent lors des projections de ses superbes diaporamas qu'il nous faisait certains soirs. Ils sont magnifiquement réalisés, tout est parfait et quand on pense qu'il doit transporter tout son matériel sur son vélo, ça n'a que plus de mérite. C'est un passionné de la nature, donc nous avons pu voir beaucoup de photos d'animaux, de fleurs et de bien d'autres végétaux, quant à ses couchers de soleil.... Bravo Mikhael mais on reste sans voix. Nous espérons bien vous retrouver sur les routes de Patagonie et passer à nouveau un bon petit moment avec vous.

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  • Joachim et Florence, jeune couple francais bien dynamique et sympatique de la région lyonnaise. Joachim est maréchal-ferrant et dresseur de chevaux et Florence est avocate. Ils partent, environ 14 mois, pour faire un grand périple sur le continent américain, de la Terre de Feu à l'Alaska et au Canada. Ils voyagent avec un pick-up Mitsubitshi équipé d'une cellule. Eux aussi sont de grands baroudeurs au long cours. Ils ont déjà plusieurs expériences à leur actif. Ils sont tous les deux de grands sportifs et profitent de leurs voyages également pour assouvir leurs passions des sports extrêmes que sont l'alpinisme, les glaciers, la plongée, les descentes de rapides, le VTT et bien d'autres encore. Inutile de dire qu'ils sont chargés au maxi car, bien sûr, ils ont avec eux tout le matériel qui convient à ces activités, y compris les VTT. Joachim, lui aussi, a la passion de la photo et nous a fait quelques projections de ses photos de voyages passés. Nous nous sommes régalés. Nous vous souhaitons de très belles grimpettes à bout de bras ou debout sur les pédales. Bon voyage !

 

A vous, nos familles et amis, qui pensez, et parfois nous avez fait comprendre, que nous étions un peu fous de vouloir faire un tel voyage, ne croyez-vous pas, après la lecture de ce qui précède, que, finalement, nous sommes seulement habités d'une douce folie ?


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L'équipe de la « Production Grimaldi » est composée de 29 personnes et dirigée par le Commandant Giuseppe Minervini. Deux stewarts s'occupent attentivement de nous tous :
Salvatore et Vincenzo, mais aussi Ciro, le cuisinier.


Au début de notre traversée, nous trouvions que cette équipe, à part les personnes citée ci-dessus, était plutot distante avec nous tous. Nous prenions le Commandant pour un Pacha. Et puis, il y a eu la traversée de l'équateur.... Une tradition dans le milieu de la mer veut que ce jour là soit jour de fête. Et fête il y a eu et quelle fête. A cette occasion, nous avons pu découvrir notre commandant et tous l'équipage d'une autre façon et maintenant nous les voyons tout autrement et nous les apprécions tous beaucoup. En fait, nous avions perdu de vue que toute cette équipe était là pour faire son travail, lequel travail est lourd de responsabilités pour chacun d'eux.


La vie à bord :


Notre traversée est rythmée en premier lieu, il est vrai, sur les repas : petit déjeuner à partir de 7h30, 12h00 déjeuner et dîner à 18h00. Lesquels sont des plus copieux et comme l'équipage est italien, nous avons pâtes à pratiquement tous les repas et elles sont délicieuses. Autant dire qu'il y a intérêt à faire attention car il y a tout ce qu'il faut pour se faire des réserves de graisse pour assez longtemps. Aussi, Valérie fait du vélo tous les jours dans la salle de gym pour minimiser les dégats...


coupe_de_cheveu_sur_barryEnsuite, ce sont les escales qui rythment notre vie. Elles sont toujours attendues avec une certaine impatience. Quand le bateau doit rester à quai plus d'une journée, le Commandant nous donne « un bon de sortie ». Mais il faut savoir que entre le moment où le bateau est à quai et le moment où l'on peut effectivement sortir, il se passe plusieurs heures de formalités. Bien souvent, nous ne pouvons pas sortir avant 15h00 et nous devons être de retour le soir.


Dans les intervalles, nous consacrons notre temps à la lecture des guides, à l'apprentissage de l'Espagnol, au sport. Nous passons nos soirées à discuter, jouer au scrabble, regarder des photos, etc... On pratique la « foire aux infos » et nous échangeons entre nous beaucoup d'informations et de documentation. On essaie de se refiler les uns et les autres de bons tuyaux. On peaufine nos itinéraires. Certrains pratiquent des activités assez inattendues comme la coupe des cheveux. Un jour, c'est Florence qui coupe les cheveux de Joachim, aux ciseaux, sur le pont, un autre jour, c'est Ingrid qui coupe ceux de Barry à la tondeuse, et les résultats sont bons, mais nous on ne s'y essayent pas !


Nous avons aussi la surveillance de la mer pourlever_de_lune essayer de voir certains de ses coucher_de_soleil_3habitants mais tout ce petit monde est bien timide. Et bien sûr, pour les soirées, la traque des beaux couchers de soleil et il y en a eu et de bien beaux. Quand la lune fait des siennes, ce n'est pas mal non plus.

Les Escales :


Dès que le bateau est amarré il s'ensuit une grande effervécense dans le bateau et sur le quai, d'abord des hommes sortent de partout et ensuite on peut voir grues, et autres énormes engins de levage et de poussage entrer en action. Et on voit aussi des énormes containers ou des voitures se balancer au bout des filins, atterrir et être repris par d'autres engins qui vont les mettre sur de grandes plates-formes de camion. D'autres containers encore sont en attente pour être embarquer sur le bateau et pour ceux-là ce sont les grues du bateau qui se mettent en action. Tout ce monde portuaire et très surprenant et nouveau pour nous mais aussi intéressant.



La première, Bilbao (14 janvier). Du Havre à Bilbao nous avons eu une mer forte. Beaucoup de vent. Pratiquement impossible de rester sur les ponts. Nous avons eu droit à un bon de sortie et nous sommes allés faire un tour en ville pour nous dégourdir les mollets. Le temps était beau. Nous avons été heureux de revoir cette ville sous le soleil et nous l'avons bien appréciée.


La seconde, Casablanca (17 au 19 janvier) oùcasablanca nous avons compris le sens de la formule « rester en rade ». En effet, nous sommes restés plus de 24h00 à une dizaine de kilomètres des côtes. Nous ne sommes par sortis du bâteau car une personne de l'émigration nous demandait 50 €/personne pour sortir et autant pour rentrer dans le port. Cela à étonner tou le monde.... Nous, on connaissait déjà Casa mais dommage pour les autres.



La troisième, Dakar (22-23 janvier) où nous dakar_2commençons à trouver avec plaisir les bonnes chaleurs mais aussi le ciel laiteux des climats tropicaux et ça, les photos n'aiment pas trop. Tans pis, ont fait avec. Ici, nous avons pu descendre du bateau pour aller découvrir un peu la ville et finalement, nous n'avons pas trop de choses à dire sur Dakar mais par contre, nous pensons que l'Afrique vaut mieux à travers ses petites villes et ses villages que par ses capitales. Cela dit, nous avons eu grand plaisir à traîner dans ses avenues, rues et ruelles si riches en couleurs.

banjul

La quatrième, Banjul (24 Janvier). Nous y sommes arrivés de nuit. Nous ne sommes pas sortis du bateau. Ce port est très petit.





conakry_2La cinquième, Conakry (26 et 27 Janvier). En raison des grèves, l'atmosphère de ce port était assez particulière. L'armée y était bien présente et les armes aussi mais pas toujours accompagnées des soldats ! Nous n'avons donc pas pu sortir du bateau. Dans ce port, un passager clandestin est monté à bord dans une caisse mais il n'a été découvert qu'entre Freetown et Vitoria, lorsque Ingrid et Léo se sont aperçus que leur camping-car avait été fracturé et bien visité.

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La sixième, Freetown (28 Janvier) L'arrivée vers ce port était particulière belle. De loin, on apercevait de jolies collines couvertes de maisons et de végétation. Le tout avait belle allure. En approchant nous nous sommes vites rendu compte qu'en fait il s'agissait d'un bidonville. Donc pas de photo.


La septième, Vitoria (2-3-4 Février) Enfin, l'Amérique Latine, nous y sommes....Mais elle se fait désirer... et nous exprimentons encore une fois la formule « rester en rade ». Nous y resterons plus de 24 heures.


vitoria_22L'arrivée dans cet port, après avoir traversé une grande baie dans laquelle on trouve beaucoup de petits ilôts boisés, est particulièrement belle. La raison en est que le port se situe sur le fleuve que nous longeons un petit moment et lequel longe la ville. Tout au long du parcours il y a, là aussi, beaucoup de petits ilôts mais également de superbes collines et pains de sucre. Cela préfigure probablement notre arrivée à Rio. Sur ce fleuve il y a plusieurs petits ports tous plus beaux les uns que les autres. Nous retrouvons la végétation et quelle végétation. Elle est d'un vert très particulier clair et lumineux à la fois. On est surpris d'arriver ici car tout nous semble petit pour cet énorme bateau qui doit naviguer entre les îlots. Deux bateaux pousseurs l'accompagnent pendant ces longues manoeuvres et il finit son parcours en marche arrière. C'est fou comme ces gros monstres semblent souples et faciles à manier. vitoria_6


Nous y sommes arrivés en fin de matinée, sous un ciel très menaçant, et il était possible d'aller à terre. Nous, nous ne l'avons pas fait car il s'est mis à tomber des cordes et elles sont tombées toute la journée. Mais nous savons aussi que nous reviendrons dans cette région vers le mois d'Août.


La huitième, Rio de Janeiro (5 Février), nous y sommes arrivés aux environs de rio_de_jan_85h00 du matin pour en repartir à 21h00. Dommage, nous n'avons pas pu voir la baie comme on a l'habitude de la voir en photo. Le port se situe dans une partie de la baie d'où on ne pouvait voir que le sommet des célèbres collines de Rio. Ce n'est pas grave car nous reviendrons au Brésil dans quelques mois. Nous avons eu la possibilité de sortir de 9h00 à 14h00. Nous choisissons donc de visiter le centre car c'est c'est qui est le plus